compagnie

« Mal nommer les choses, c'est ajouter au malheur du monde. »
Albert Camus

note d’intention

« Aujourd’hui, le théâtre, nous dit-on, ne rencontre plus son public. Le théâtre ne serait plus populaire.

Nous croyons encore que le théâtre peut être une tribune, un lieu de rencontre, un lieu pour ouvrir une discussion. Nous voulons faire face à ce problème très contemporain qui est de vivre et communiquer avec un corpus de mots très restreint relayé par les médias, le politique et, de fait, par les citoyens entre eux. Ce langage appauvri pose problème pour interagir, pour se représenter le monde dans sa complexité. En limitant l’étendue de notre vocabulaire, en limitant notre capacité de représentation du monde, on a limité la pensée. Le théâtre permet de réinsérer de la pensée dans le langage.

Nous croyons en la littérature et nous croyons en bon nombre d’auteurs pour réinsérer de la pensée là où elle commence cruellement à manquer. Nous croyons à la poésie, à la spécificité de la langue de chaque auteur qui ouvre non pas des mondes hermétiques mais des mondes poétiques qui ne sont pas l’apanage d’une intelligentsia ; des mondes de théâtre, des mondes sensibles.

À la question « est-ce que vous ne ferez jamais que du théâtre jeunesse ? » nous répondons que nous continuerons à faire du théâtre. »

Émilie Le Roux – metteuse en scène


 

Présentation

Les veilleurs [compagnie théâtrale] est créée en 2007 à l’initiative d’Émilie Le Roux, avec la volonté d’inscrire son travail sur le territoire rhônalpin, et de développer des projets artistiques en lien avec les publics et plus spécifiquement le jeune public.

Cette structure, nous l’avons pensée de manière à permettre l’articulation de deux volets intimement liés : la création artistique et l’action culturelle.
Pour nous, le théâtre est l’endroit de la pensée. Alors que nous utilisons de moins en moins de mots pour appréhender un monde de plus en plus complexe, il nous semble capital de défendre cet espace où chaque mot est choisi, où chaque phrase ouvre au sensible. Nous aimons particulièrement les écritures qui présupposent déjà un rythme, une tension, un souffle qui les rendent singulières. Les textes sur lesquels nous travaillons portent en eux une dimension poétique et une dimension politique. Nous aimons les écritures qui, dans le fond comme dans la forme, permettent de regarder le monde autrement et d’engager une discussion. Le théâtre est l’endroit du détour. Il permet à chacun de contourner ses propres normes et d’emprunter des chemins de traverse qui permettent d’aller voir ailleurs. Dans notre travail, le texte n’est jamais prétexte à un acte théâtral, il en est l’essence même. Pour le faire entendre, nous créons des espaces épurés avec des lignes très découpées qui permettent de laisser beaucoup de place aux acteurs et à l’interprétation. Nous cherchons à ouvrir des espaces symboliques dans lesquels la langue peut résonner, qui mettent en tension les corps et permettent aux drames de se raconter.
Nos partis pris dramaturgiques se font dans le détail des mots, dans l’ombre et dans la lumière. Nous agissons sur les sensations physiques du public. Nous travaillons au petit, au détail, nous nous méfions du spectaculaire. Quelle que soit la forme symbolique que nous donnons à voir scénographiquement, nous encourageons les acteurs à défendre un jeu presque cinématographique, qui provoque une écoute différente du public.
Peu à peu, notre travail se métisse de nos rencontres. Depuis quelques années en effet, la musique, la chorégraphique puis la vidéo prennent une place importante dans nos créations.

En quelques dates

Entre autres projets, pour les veilleurs [compagnie théâtrale], Émilie Le Roux met en scène Le pays de Rien de Nathalie Papin en 2007. Suivra, en 2010, Antigone [Retour à Thèbes] d’après les textes d’Henry Bauchau, Sophocle, Yannis Ritsos et Élisabeth Chabuel. En 2011, la compagnie met en scène Lys Martagon de Sylvain Levey. En 2012, elle créé Un repas [cabaret-dinatoire] et Contre les bêtes [théâtre & musique] de Jacques Rebotier. En 2013/2014, elle initie le projet BOYS’N’GIRLS [programme de spectacles, de lectures et de rencontres autour de la question de la construction des identités féminines et masculines] et crée Boys’n’Girls Prologue, Tabataba de Bernard-Marie Koltès, Tumultes de Sabine Revillet ainsi que Stroboscopie de Sébastien Joanniez. Dans le prolongement de ce cycle, le spectacle Mon frère, ma princesse de Catherine Zambon voit le jour en décembre 2014.
En décembre 2015, la compagnie marque le point d’orgue de sa résidence triennale à l’Espace 600, scène régionale Auvergne – Rhône-Alpes [Grenoble] avec Allez, Allez, Allons – spectacle interdisciplinaire et intergénérationnel.
En 2016, la compagnie se lance dans un nouveau cycle thématique, Migrations [passer et demeurer], qui s’intéresse aux migrations internationales et aux questions liées à l’immigration. Ce cycle croise une commande du Théâtre de la ville de Paris, de la SACD et du Théâtre Petits et Grands. C’est dans le cadre de leur dispositif – Les Inattendus – que la compagnie crée, en septembre 2016, En attendant le Petit Poucet de Philippe Dorin. Le cycle se clôt en janvier 2018, par la mise en scène de La migration des canards d’Élisabeth Gonçalvez.
Jusqu’à juin 2018, la compagnie est associée au Parvis, scène nationale Tarbes Pyrénées, au Théâtre Jean- Vilar à Vitry-sur-Seine, ainsi qu’à La Machinerie / Théâtre de Vénissieux, scène régionale Auvergne Rhône- Alpes.

En 2019, elle se lance dans un projet un peu fou : réunir sur scène entre soixante-dix et quatre-vingt personnes de 16 à 86 ans, professionnels et amateurs mêlés, dans trois villes différentes [Grenoble, Orléans, Vitry-sur-Seine], pour s’interroger sur les mécanismes de notre société contemporaine. Ce projet artistique participatif – Et tout ce qui est faisable sera fait – se construira au fil des rencontres entre les interprètes de deux formations artistiques – les veilleurs [compagnie théâtrale] et l’ensemble musical orléanais – Le Tricollectif – avec les interprètes amateurs [débutants ou non] de chacune des villes concernées.
En 2020, viendra la création de La morsure de l’âne de Nathalie Papin.
En parallèle, les spectacles du répertoire de la compagnie continuent à tourner. Pour ce travail de diffusion, la compagnie est accompagnée par l’agence Sine Qua Non depuis janvier 2015.


Les veilleurs [compagnie théâtrale] est une association loi 1901.
Présidente d’honneur : Geneviève Lefaure. Présidente : Charlotte Rabaud. Secrétaire : Michel Eymard. Trésorier : Jean-Marc Menu.