Le pays de Rien

création 2008

théâtre / dès 7 ans

durée : 1h

les veilleurs [compagnie théâtrale]

Le pays de Rien / texte de Nathalie Papin / mise en scène d'Émilie Le Roux

histoire

C’est l’histoire d’un royaume avec un roi, une princesse et rien d’autre.
On pourrait presque trouver ça beau, ce rien.
Ce pays calme. Sans guerre. Uni.
Sans personne pour s’aimer et ne plus s’aimer.
Sans couleur qui peut tromper.
Sans poussière. Sans animaux. Sans émotion. Sans rêve.
« Surtout rien et c’est bien. »
Mais la princesse s’ennuie…
Parfois elle soupire. Parfois elle crie.
Alors elle rattrape soupirs et cris et les met en cage.
Un jour, un de ses cris provoque une brèche dans le pays de Rien.

note d’intention

« J’aime ce texte parce qu’il n’a l’air de rien. Parce qu’il a l’air naïf et rassurant. Parce que son aspect onirique ne nous met pas tout de suite sur le qui-vive.
Aux premiers abords, se dessine une histoire qui s’inscrit dans la sphère de l’intime : la relation père-fille. La relation homme-femme. Comment un père regarde sa fille devenir femme. Comment une fille accepte de remettre en question une tradition familiale, sa culture et son éducation pour pouvoir aller à la découverte de l’autre, de l’amour, du désir.
Mais cette histoire familiale laisse place à un questionnement plus politique.
Le roi du pays de Rien a cru trouver une solution pour faire en sorte de vivre en paix : il crée des lois qui ne sont pas des droits ou des devoirs, mais des interdictions. Il n’est plus question d’avoir le droit de faire quelque chose puisqu’on n’a le droit de rien. Le Rien permet une stabilité, il permet d’éviter les imprévus, il permet de tout contrôler. Alors qu’avant on se demandait comment apprendre à vivre ensemble, lui refuse de faire avec les autres, avec l’humain, donc avec les imprévus et les contradictions.
En cette heure où l’on parle plus de l’individu que du groupe, il semble capital de reparler de la notion de citoyenneté aux enfants comme aux adultes.
Parler du libre-arbitre et de la liberté d’expression. Parler de l’acceptation de l’autre. Parler de l’altérité, de l’autre comme celui qui est différent, comme celui qui n’est pas soi. Dire qu’on a le choix ; qu’être citoyen, c’est aussi changer les choses au quotidien, autour de soi, pour soi mais aussi pour les autres. Permettre de rire et de rêver aussi. Surtout.
Une société qui ne rêve plus, une société qui ne pense plus, une société où l’on refuse l’autre, la différence et l’expression d’une différence, cette société-là, ce « pays de Rien », l’histoire nous l’a déjà montré, derrière son aspect lisse et rassurant, s’apparente à l’enfer. »

Émilie Le Roux – metteure en scène



Coproduction :
Espace 600, scène régionale Auvergne – Rhône-Alpes [Grenoble]. Avec le soutien : du dispositif Défi Jeunes, de la Fondation Créavenir [Crédit Mutuel]. Les veilleurs [compagnie théâtrale] est conventionnée par : la DRAC Auvergne – Rhône-Alpes et soutenue par : la Région Auvergne – Rhône-Alpes, le Département de l’Isère, la Ville de Grenoble. Crédit visuel : Jean-Jacques Barelli. Crédits photographiques : Éric Marynower / Lucie Duriez.

Dates passées

  • 14/11/2013 au 15/11/2013 Espace 600, scène Rhône-Alpes Grenoble [38]
  • 05/04/2011 Centre Culturel Jean-Jacques Rousseau Seyssinet-Pariset [38]
  • 18/03/2010 Théâtre du Château, scène conventionnée pour le théâtre et les musiques baroques Eu [76]
  • 24/02/2010 au 26/02/2010 Théâtre de Création > Salle Noire Grenoble [38]
  • 28/05/2009 au 30/05/2009 Saison Jeune Public de Nanterre > Maison Daniel Féry Nanterre [92]
  • 31/03/2009 au 03/04/2009 Espace 600, scène Rhône-Alpes Grenoble [38]
  • 22/03/2009 au 23/03/2009 Coléo Pontcharra [38]
  • 10/02/2009 Forum Jacques Prévert Carros [06]
  • 14/10/2008 au 16/10/2008 Théâtre de l’Agora, scène nationale d’Évry et de l’Essonne Évry [91]
  • 05/02/2008 au 08/02/2008 Espace 600, scène Rhône-Alpes Grenoble [38]

revue de presse

Le pays de Rien / Rien... de trop

Très belle pièce que Le pays de Rien, mêlant représentation symbolique très forte et propos épuré jusqu’à l’essentiel. La cohérence est de mise pour le plus grand plaisir du spectateur.

Saad – Que se passe-t-il dans la tête du spectateur ? Billets critiques sur le spectacle vivant & interviews [14 novembre 2013]
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Les isolés

Pour une première création à l’Espace 600, la metteure en scène Émilie Le Roux – artiste proche de cette structure – opte pour des partis pris scéniques qui révèlent toute la complexité des personnages et la pertinence du propos. Sur scène l’obscurité omniprésente abolie les limites, tel un monde du néant où les visages, les corps pourraient bien disparaître aussi. Les présences, ombres glissantes, de Lou Martin-Fernet une fille du roi très convaincante, à la fois troublée et buttée, enfant indocile et réfléchi, crée une intimité juste avec Dominique Laidet, roi fatigué dont on déguste chaque parole posée avec soin dans l’espace. Geoffroy Pouchot Rouge-Blanc, en jeune garçon décidé, ne joue pas que le sauveur positif, mais trimbale aussi son lot de folie.

Rêves en cages

Servie par une mise en scène à l’esthétique impeccable, minimaliste et très inventive, cette création aussi élégante qu’intelligente réussit à transmettre un message de tolérance, sans didactisme, mais en parlant directement à l’imaginaire des enfants.

Annabel Brot – Le Dauphiné Libéré, N°383 [février 2008]