compagnie

« Mal nommer les choses, c'est ajouter au malheur du monde. »
Albert Camus

Pour nous, le théâtre est l’endroit de la pensée. Alors que nous utilisons quotidiennement de moins en moins de mots pour appréhender un monde de plus en plus complexe, il nous semble important de défendre cet espace où chaque mot est choisi, où chaque phrase ouvre au sensible. Nous nous attachons à l’aspect formel des écritures contemporaines, à ce qu’elles proposent déjà comme structure, comme tension, comme souffle, comme rythme. Nous cherchons à faire entendre des écritures théâtrales qui portent en elles une dimension poétique et une dimension politique, sous-tendues par des questions éthiques. Nous aimons les textes qui nous permettent de regarder le monde autrement et d’engager ou d’ouvrir une discussion, qui nous encouragent à contourner nos propres normes et à emprunter des chemins de traverse qui permettent d’aller voir ailleurs.

Dans notre travail, le texte n’est jamais prétexte à un acte théâtral, il en est l’essence même.

Nos partis pris dramaturgiques se font dans le détail des mots, dans l’ombre et dans la lumière. Nous agissons sur les sensations physiques du public. Nous travaillons au petit, au détail. Nous privilégions des propositions scénographiques sobres et épurées qui sont protéiformes et cherchons à ouvrir des espaces symboliques dans lesquels la langue peut résonner. Des espaces qui mettent en tension les corps et permettent aux drames de se raconter. Les lignes très précises de nos scénographies laissent une place importante à la précision du jeu des acteurs dans une esthétique quasi cinématographique. Aujourd’hui la compagnie compte une quinzaine d’interprètes professionnels qui défendent par intermittence ses créations et ses projets.

Au fil des ans, nous avons constitué un répertoire de pièces théâtrales qui s’est métissé de multiples rencontres artistiques laissant une place conséquente à la musique et à la chorégraphie. Ensemble nous aimons alterner les grandes et les petites formes artistiques, celles qui nécessitent la boite noire des salles de spectacle et celles qui peuvent se jouer avec des dispositifs autonomes ou bien directement sous les néons des salles des fêtes et des salles de classe.

Avides de rencontres et d’expériences, cette alternance nous permet de parcourir de nouveaux territoires et de travailler dans des temporalités différentes. Nous aimons nous adresser à l’enfant comme à l’adulte. Nous défendons l’exigence artistique des arts vivants pour l’enfance et la jeunesse avec cette conscience éthique que l’on peut tout dire à l’enfant, mais que l’on a la responsabilité de ne pas lui enlever l’idée qu’il a en lui de quoi grandir, la responsabilité de ne pas le désespérer.

Emilie Le Roux – les veilleurs [compagnie théâtrale]

En quelques dates

Entre autres projets, pour les veilleurs [compagnie théâtrale], Émilie Le Roux met en scène Le pays de Rien de Nathalie Papin en 2007.

Suivra, en 2010, Antigone [Retour à Thèbes] d’après les textes d’Henry Bauchau, Sophocle, Yannis Ritsos et Élisabeth Chabuel.

En 2011, la compagnie met en scène Lys Martagon de Sylvain Levey.

En 2012, elle crée Un repas [cabaret-dinatoire] et Contre les bêtes [théâtre & musique] de Jacques Rebotier.

En 2013/2014, elle initie le projet BOYS’N’GIRLS [programme de spectacles, de lectures et de rencontres autour de la question de la construction des identités féminines et masculines] et crée Boys’n’Girls Prologue, Tabataba de Bernard-Marie Koltès, Tumultes de Sabine Revillet ainsi que Stroboscopie [avec des collégiens] de Sébastien Joanniez.

Dans le prolongement de ce cycle, le spectacle Mon frère, ma princesse de Catherine Zambon voit le jour en décembre 2014.

En décembre 2015, la compagnie marque le point d’orgue de sa résidence triennale à l’Espace 600, scène régionale Auvergne – Rhône-Alpes [Grenoble] avec Allez, Allez, Allons, spectacle interdisciplinaire et intergénérationnel.

En 2016, elle se lance dans un nouveau cycle thématique, Migrations [passer et demeurer], qui s’intéresse aux migrations internationales et aux questions liées à l’immigration. Ce cycle croise une commande du Théâtre de la Ville de Paris, de la SACD et du Festival Petits et Grands. C’est dans le cadre de leur dispositif – Les Inattendus – que la compagnie crée, en septembre 2016, En attendant le Petit Poucet de Philippe Dorin. Le cycle se poursuit en janvier 2018, par la mise en scène de La migration des canards d’Élisabeth Gonçalves.

Jusqu’à juin 2018, la compagnie est associée au Parvis, scène nationale Tarbes Pyrénées, au Théâtre Jean-Vilar à Vitry-sur-Seine, ainsi qu’à La Machinerie / Théâtre de Vénissieux, scène régionale Auvergne – Rhône-Alpes.

En 2019, elle se lance dans un projet un peu fou : réunir sur scène entre soixante-dix et quatre-vingt personnes de 13 à 86 ans, professionnels et amateurs mêlés, dans trois villes différentes [à la MC2 : Maison de la culture – Scène nationale de Grenoble, à la Scène nationale d’Orléans et au Théâtre Jean-Vilar de Vitry-sur-Seine], pour s’interroger sur les mécanismes de notre société contemporaine.

Ce projet artistique participatif se construit au fil des rencontres entre les interprètes de deux formations artistiques : les veilleurs [compagnie théâtrale] et Le Tricollectif, laboratoire d’expérimentations musicales d’une nouvelle génération de jazz libre, avec des interprètes amateurs [débutants ou non] de chacune des villes concernées.

En 2020 viendra la création de La morsure de l’âne de Nathalie Papin.


Les veilleurs [compagnie théâtrale] est une association loi 1901.
Présidente d’honneur : Geneviève Lefaure. Présidente : Charlotte Rabaud. Secrétaire : Michel Eymard. Trésorier : Jean-Marc Menu.